CLIMAT – Avec le dérèglement, en Autriche on grille ?

2019 ECOLOGIE Eglsie autriche.jpgLe geste est fort et notable : la conférence épiscopale autrichienne vient d’annoncer son désinvestissement de tout objet financier soutenant le développement des combustibles fossiles.

 Le Global catholic climate movement (GCCM) en souligne l’importance dans le contexte actuel.

Cette décision inclut tous les investissements financiers de la Conférence épiscopale, de tous les diocèses autrichiens et de toutes les autres institutions relevant de leur compétence. Partout dans le monde, les institutions catholiques ont été leaders en prenant des mesures concrètes pour faire face à la crise climatique. L’Autriche est la troisième conférence épiscopale à annoncer son désengagement des énergies fossiles, après la Belgique et l’Irlande. Ces conférences épiscopales s’ajoutent à près de 120 autres institutions catholiques qui se sont départies de leurs investissements, dont d’importantes banques catholiques allemandes. Ces plus de 120 institutions catholiques sont les leaders d’un total mondial d’environ 1 000 institutions, on évalue que plus de 8.5 milliards de dollars ont été désinvestis. La décision autrichienne fait suite à une conférence du Vatican sur les objectifs de développement durable de l’ONU, qui comprend une action urgente sur le changement climatique, et qui fait suite à des déclarations fortes du pape François sur l’utilisation de l’énergie, comme celle qu’il a faite aux PDG du secteur des combustibles fossiles selon laquelle « la civilisation exige une utilisation de l’énergie, mais l’utilisation de l’énergie ne pourrait détruire la civilisation ». Les dirigeants catholiques trouvent un écho auprès des dirigeants séculiers. En novembre, le président autrichien a rencontré des pèlerins catholiques au cours d’un périple de 1 500 km parti du Vatican en direction du site des pourparlers de l’ONU sur le climat, et qui a fait la promotion de la Déclaration pour une ambition climatique qui fut signée par 19 chefs d’Etat. En juillet, l’Irlande s’est dessaisie de ses investissements dans les combustibles fossiles alors que sa conférence épiscopale se penchait sur son propre désinvestissement.

Voici ce qu’a déclaré à cette occasion le cardinal Christoph Schönborn, Président de la Conférence épiscopale autrichienne :

 

Avec sa lettre encyclique Laudato Si’ 2015, le Pape François a présenté un programme chrétien pour la vie et un programme de survie pour l’humanité. C’est un document historique sur les menaces et les perspectives écologiques, sociales, économiques et spirituelles du monde qui nous est confié. Il s’agit d’une « conversion écologique », elle commence par les modes de vie personnels et va jusqu’à l’établissement d’un nouvel ordre économique et social mondial. La dimension mondiale des défis environnementaux devient particulièrement claire avec la question du changement climatique et la nécessité de l’atténuer. »Prendre soin de notre maison commune » est un thème central de ce pontificat et de l’Église. C’est pourquoi la Conférence épiscopale autrichienne a déjà commencé la mise en œuvre de l’encyclique dès l’automne 2015 et a opté pour une gouvernance et une orientation durables et respectueuses du climat dans les diocèses. La transition vers les énergies renouvelables y est liée.

C’est dans ce contexte que les évêques ont adopté à l’automne 2017 la directive d’investissement éthique « Investissements financiers en tant que Coopération » (FINANKO). Les critères des directives suivent la triade éprouvée de l’éthique chrétienne œcuménique : la justice, la paix et le soin de la création. Les lignes directrices en matière d’investissement éthique fournissent des évaluations des types d’investissement tels que les fonds, les produits dérivés, les placements indiciels ou les produits de base tels que l’or. Les principes de l’investissement éthique sont « changer – promouvoir – prévenir » ; et ils sont mis en œuvre à travers des critères d’exclusion concrets, la meilleure approche de sa catégorie en ce qui concerne les projets qui sont particulièrement dignes d’investissement et d’engagement pour une influence concrète sur les institutions à travers les investissements.Les moyens financiers de l’Église ne doivent pas exercer une influence destructrice sur le climat de notre planète. C’est pourquoi la Conférence épiscopale autrichienne a décidé de signer l’engagement de désinvestissement du Mouvement catholique mondial pour le climat (GCCM) et d’adapter les directives d’investissement éthique en conséquence. En plus de l’interdiction déjà établie de l’extraction et de la fracturation du charbon, cette décision implique qu’au cours des cinq prochaines années, l’Église se dessaisira de tous les investissements dans les entreprises qui extraient ou produisent des combustibles fossiles (charbon, pétrole, gaz) dans toutes les classes d’actifs.Ce désinvestissement total s’applique à tous les diocèses autrichiens, à la Conférence épiscopale et à toutes les institutions relevant de sa compétence. Afin d’assurer la mise en œuvre et l’interprétation des directives d’investissement éthique désormais plus strictes, un nouvel organe appelé « Commission permanente » sera mis en place.

Tomás Insua, directeur exécutif du Mouvement catholique mondial pour le climat, a déclaré : « Le désinvestissement de la Conférence épiscopale autrichienne des combustibles fossiles est une position prophétique pour la justice climatique. La communauté catholique mondiale prend des initiatives audacieuses pour protéger les personnes vulnérables qui réclament d’urgence des changements. Il ne nous reste que quelques années pour réduire la spirale des émissions de gaz à effet de serre, et ce leadership visionnaire des évêques d’Autriche est un grand pas dans la bonne direction. » Mgr Werner Freistetter, évêque responsable des affaires ecclésiastiques internationales à la Conférence épiscopale autrichienne, se félicite de cette annonce et déclare : « Nous appelons les autres institutions à se joindre au mouvement de désinvestissement en s’engageant afin de préserver notre maison commune pour les générations actuelles et futures ». Anja Appel, directrice du Bureau de coordination de la Conférence épiscopale autrichienne (KOO), a déclaré : « Nous, chrétiens, et nos institutions, avons la responsabilité de prendre soin de la création et de travailler pour une justice globale. Nous faisons partie de cette partie de la population mondiale qui produit la plus grande part des émissions de gaz à effet de serre et nous devons donc naturellement lutter contre sa principale cause, l’utilisation des combustibles fossiles. Cette étape importante montre l’effort cohérent des évêques autrichiens pour répondre aux exigences de l’Accord de Paris sur le climat. »

 

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