LAUDATO SI – Des terrains d’Eglise à l’école de Laudato si ?

Missions etrangères.jpgQue vont devenir les terrains, jardins, surfaces agricoles appartenant à des congrégations religieuses, monastères, maisons diocésaines dans les années à venir ? La question mérite d’être posée. Et d’urgence.

Ainsi, récemment, la FNE a publié un article sur plusieurs projets catholiques parisiens où des terrains sont en jeu, avec le risque qu’au fil des travaux et transformations les terrains jardinés ou les présences d’arbres soient à chaque fois menacés. Chaque projet cité demanderait bien sûr plus de détail précis. Pour ne citer que celui du 110 rue de Vaugirard, le grand jardin des anciennes religieuses Visitandines du lieu va être préservé et actuellement déjà un projet de jardin maraîcher a démarré. Mais des études de sols ont montré sa mauvaise qualité pour la production alimentaire. C’est malheureusement aussi cela la réalité parisienne. Le diocèse met un point d’honneur cependant à préserver au mieux cet espace vert.

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Pour autant, l’article touche du doigt une vraie difficulté à faire prendre conscience aux gestionnaires, architectes et autres décisionnaires de ces programmes immobiliers sur l’importance vitale actuelle et future de ce patrimoine. Sans même parler de la dimension biodiversité à protéger et développer dans ces confettis de territoires verdoyants.

Capture d’écran 2019-10-15 à 20.24.18Le hasard de l’histoire fait que ce même jour, le journal La Croix évoque le prix remis à une jeune Nord-Américaine, Molly Burhans, diplômée d’un Master de design écologique, qui a gagné le prix des Jeunes champions de la Terre pour l’Amérique du Nord décerné par l’ONU. Son initiative primée consiste justement à avoir créé la première cartographie numérique des terres en possession des institutions ecclésiales. Le site Good-lands a été lancé en 2016, née de l’expérience de Molly dans un couvent bénédictin.

« Quand on tombe amoureux de Dieu, on doit aimer tout le monde car Dieu aime tout le monde et c’est la chose la plus difficile pour être honnête, raconte cette Américaine de 30 ans. Je me demandais comment je pouvais utiliser mes suppositions et passions pour mieux aimer. J’ai d’abord songé à devenir religieuse, avant de comprendre que j’avais vraiment besoin d’aider l’église avec ses propriétés et ses terres. »

Ce projet qui consiste à répertorier les « bonnes terres » des grands propriétaires terriens à travers le monde a pris chair en s’intéressant aux possessions de l’Eglise catholique, grâce à des systèmes d’information géographique (SIG) pour créer des cartes numériques.. Pour cela, cette trentenaire catholique a commencé par prendre des contacts à Rome, jusqu’à sa rencontre avec le cardinal Turkson et le pape François. Depuis le printemps 2019, elle a trouvé une fondation catholique prête à la soutenir pour établir un Institut de cartographie au Vatican. Good-lands accompagnerait cette naissance durant 6 à 12 mois, de manière à ce que cet Institut puisse lancer son travail de mise en lien avec le département de statistiques de l’Eglise, ainsi qu’avec les principaux propriétaires fonciers catholiques (ONG, universités, fondations, communautés religieuses etc.) pour pouvoir travailler sur les bons chiffres, les sécuriser, créer des groupes de travail et améliorer les juridictions ecclésiastiques existantes.

« Nous pourrons ensuite développer une communauté de scientifiques dans le monde entier et travailler avec des partenaires locaux spécialisés dans l’éducation et la recherche pour comprendre le potentiel écologique de ces propriétés et y implanter des solutions », prévoit Molly Burhans, qui aspire à améliorer la lutte contre le changement climatique mais aussi à anticiper les flux migratoires.

On évalue actuellement que l’Eglise catholique gère près de 8 % des terres habitables et 5 % des forêts à travers la planète, ce qui en fait un des plus grands propriétaires fonciers au monde (même si cela recouvre une multitude de réalités locales très diverses). Le travail de Molly est surtout bien avancé pour faire la carte des Etats-Unis.

Pour le reste, « nous possédons les données pour compléter ma carte du reste du monde. Mais il serait trop risqué de les reporter hors du cadre d’une collaboration étroite avec le Saint-Siège et avant d’avoir établi des lignes directrices garantes du haut niveau de sécurité des infrastructures techniques pour s’assurer que notre travail respecte les communautés »,

Le 15 et le 16 octobre, Molly est à Rome pour avancer encore dans son projet et participe à symposium pour les jeunes actifs pour l’environnement organisé par l’Académie pontificale des sciences et l’ONU.

Plus d’infos :+1 203.903.4754 / 315 Front St./ New Haven, CT 06513 USA/info@good-lands.org

E&E

Source : La Croix

 

 

 

 

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