PLASTIQUE – Quand les rabbins travaillent leur plastique

2020 ECOLOGIES et EGLISES Janvier Shafran.jpgE&E s’intéresse au contexte chrétien de la prise de conscience écologique. Mais en ce début d’année, une petite incursion peut aussi élargir notre réflexion.

Ainsi, du côté du judaïsme, des choses bougent aussi. Récemment, en Israël, ce sont trente rabbins sionistes religieux qui ont signé une lettre appelant les Israéliens à réduire autant que possible leur consommation d’objets jetables en plastique à partir de ce Nouvel an. L’initiative ne vient pas d’eux : il a fallu la persévérance d’une étudiante  en neurologie de 27 ans de l’université Ben-Gurion dans le sud d’Israël ,  Shir Shafran, pas pratiquante mais qui a fait ses études à Midreshet Ein Prat, un centre pluraliste d’apprentissage du Judaïsme en Cisjordanie, au nord-est de Jérusalem.

« Et je pense déjà depuis longtemps au fait qu’un appel émanant de tous les courants sionistes religieux pourrait avoir un impact significatif. À la veille de la fête (Rosh Hashana), le pays va être rempli de montagnes de déchets en plastique et j’ai eu le sentiment qu’il fallait que je fasse quelque chose. Je n’aime pas le doigt accusateur qui est souvent pointé vers la communauté religieuse, comme si c’était la seule qui polluait et qui ne se préoccupait pas de l’environnement. La population laïque, elle non plus, est loin de se comporter de manière parfaite. Il a été important pour moi de souligner que ce que nous émettons dans la nature, la nature nous le renvoie », dit-elle. « La recherche, ces dernières années, a mis en évidence la présence de particules de micro-plastique dans les fèces humaines et dans le lait maternel. »

Du coup, à travers les réseaux sociaux, Shafran a contacté les rabbins.

« Certains rabbins m’ont dit qu’ils tentaient déjà de stopper la consommation de plastique à usage unique chez eux et dans leurs yeshivas, tandis que d’autres ont promis de remettre les choses en ordre et de s’assurer que tout allait dorénavant changer .»

Il faut dire qu’en Israël la situation est grave : le pays est un leader mondial dans la consommation d’objets plastiques à usage unique et 90 % de déchets de plage proviennent du plastique.

Au cours des dernières années, les rabbins se sont exprimés sur certaines questions environnementales telles que la pollution engendrée par les feux de joie lors de la fête de Lag BOmer, la nécessité de mettre un terme au kaparot — le rituel consistant à secouer un poulet vivant au-dessus de la tête à la veille de Yom Kippour, pour transférer symboliquement les péchés – et l’industrie du transport de veaux et agneaux vivants sur de longues distances vers Israël pour l’engraissement et l’abattage. Parmi les signataires du courrier, le rabbin Rabbi Shlomo Aviner, dirigeant de la Yeshiva Ateret Yerushalim de Jérusalem ; le rabbin Yuval Cherlow, directeur du centre Tzohar d’éthique juive au sein de l’organisation rabbinique éponyme ; le grand-rabbin d’Ofra Avi Gisser ; David Dudkevich, rabbin de l’implantation de Yitzhar et l’organisation Beit Hillel.

Les rabbins appellent leurs communautés à se souvenir des règles du bal tashhit, qui interdisent la destruction et le gaspillage sans nécessité et qui dérivent d’un verset du Deutéronome (20:19-20) qui interdit de couper des arbres fruitiers en temps de guerre. Ils citent également le Midrash Kohelet Rabbah des Ecclésiastes (7:13) qui dit : « Regarde l’œuvre de Dieu : qui pourra réparer ce qu’il a cassé lui-même ? »

SOurce

 

 

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