LECTURES – Des hommes, des animaux, du pain

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Parmi les publications récentes, voici quelques titres intéressants à découvrir

Dans la bonne collection « Ce que dit la Bible sur… » (Ed. Nouvelle Cité), voici un ouvrage sur le pain. Ecrit par le bibliste Christophe Pichon, l’ouvrage évoque la place singulière de ce « fruit de la terre et du travail des hommes ».

Des générations bibliques ont préparé, cuit, présenté et mangé du pain. Il parle du rapport des humains au sol. Il se mange sur la route ou dans les maisons, où que l’on soit. Il est omniprésent. La fabrication du pain n’est pas éloignée de la maternité ; il porte la vie, la subsistance et la joie. Manger le pain s’accompagne en outre de sa célébration. Il est un aliment, mais bien plus encore. La métaphore du pain comme Parole de Dieu invite à y voir une nourriture qui relie, matériellement et symboliquement, les humains avec Dieu. Les auteurs de la Bible ont notamment compris que leur expérience du manque de pain, de la difficulté d’en fabriquer ou de la joie à le partager pouvait leur révéler quelque chose de profond sur les humains et Dieu. Il est relationnel. Il est à partager, signe d’un enjeu social. (14€ – 128 p.)

Dans la collection « Documents Episcopat », voici un intéressant volume sur la relation entre les humains et les animaux (n°3, 2021).

Sous la forme d’une série de « regards et de mots choisis », le choix a été fait de proposer une palette de regards différents sur cette relation. Occasion de lire une belle diversité de témoins, souvent déjà très engagés dans le questionnement écologique (le dominicain Christophe Boureux, les jésuites Eric Charmetant et Grégoire Catta, les enseignants Brigitte Cholvy et Fabien Revol, et de nombreux autres laïcs et prêtres, diacres, religieux et même l’ami protestant Martin Kopp

On lira avec intérêt aussi l’introduction proposée par le frère évêque Jean-Pierre Vuillemin, dont voici un extrait

On constatera aisément, à la lecture de cet ouvrage, que tout est effectivement lié. Les apports de la théologie de la rédemption dans le champ de l’anthropologie chrétienne sont nombreux. Nous découvrons que ceux fournis par la théologie de la création peuvent l’être aussi, à condition d’être moins centrés sur l’homme sauvé que sur la création tout entière qui « attend avec impatience la révélation des fils de Dieu » (Romains 8, 19).La création révèle de jour en jour sa beauté, son immensité et sa complexité. Il suffit, par exemple, de s’intéresser au plancton pour découvrir à quel point son étude ouvre des horizons de recherche jusqu’ici insoupçonnés et peut-être décisifs dans l’avenir du vivant sur la terre. La symbiose qui s’étudie en bien des milieux marins obscurs se retrouve en ces milliers de milliards de vies abritées dans le système digestif de l’être humain tel que le montre aujourd’hui la biologie. Contemplant la création, l’homme biblique rend grâce à Dieu et s’écrie « Laudato si’ ! » (loué sois-tu !). Honorant ainsi le Créateur, il échappe à un processus idolâtre dans lequel sont tombés les Hébreux lorsqu’ils se forgent un veau d’or, se soumettant ainsi à leur propre animalité. Nous pouvons sans hésitation contempler le monde animal, le comprendre, le respecter et le protéger à condition de ne pas nous prosterner devant lui. Nous avons plutôt à unifier en nous la « diversité “animale” » comme l’écrit André Wénin s’inspirant du travail de Paul Beauchamp. « D’une part, l’être humain peut prendre les animaux pour modèles, comme l’y invitent souvent le sages et prophètes d’Israël. Il peut ainsi imiter la fidélité du bœuf (Isaïe 1, 3), la prévoyance de la fourmi œuvrant sans qu’on le lui ordonne (Proverbes 6, 6-8), l’ardeur de l’abeille au travail (Proverbes 6, 8 grec), le courage des lions (Proverbes 30, 30), la ruse du serpent et la candeur de la colombe (Matthieu 10, 16), et que sais-je encore. Mais, d’autre part, un être humain ne peut se contenter de développer une seule de ces valeurs – ce qu’il fait, par exemple, s’il vénère la puissance, à l’instar d’Israël adorant son taurillon. Car, s’il s’investit tout entier dans l’un de ces attributs, il renonce à se tenir dans cette tension féconde qu’impose la recherche de leur unité. Il dévie ainsi de la tâche qui consiste à émerger de l’animalité pour s’accomplir à l’image d’Adonaï, le Dieu Un (Deutéronome 6, 4), en qui se rencontrent, dans une unité que l’on ne peut représenter, toutes les qualités inhérentes à l’amour (cf. 1 Corinthiens 13)[1]. »

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