TEMPS POUR LA CRÉATION 9/34

Publié ce jour, le dictionnaire Plurivers rassemble les contributions de 124 auteurs hommes et femmes du monde entier pour « tous ceux qui s’intéressent à la mise en oeuvre d’une société écologique » et aux initiatives qui l’annoncent. Parmi la centaine d’essais qui le composent, un article est dédié à « l’écothéologie chrétienne ». Occasion d’en redécouvrir l’auteur, le P. Sean McDonagh.

Prêtre missionnaire colombanien irlandais, McDonagh a été un précurseur dans son Eglise locale, semant patiemment, pendant plus de 40 ans, ses convictions environnementalistes. Mais, sur la demande du cardinal Turkson, le prêtre va participer au travail préparatoire de l’encyclique Laudato si. Lui-même s’émerveille de l’accélération de la prise de conscience entre l’encylique Caritas in veritate de Benoit XVI, où le dérèglement climatique n’est même pas mentionné, et Laudato si qui fait un saisissant et pertinent état des lieux planétaire. Au point de nommer la destruction écologique comme un très grave péché.

J’ai commencé à m’intéresser aux questions écologiques en 1978, alors que je vivais parmi le peuple t’boli dans les hauts plateaux de la province de Cotabato du Sud, sur l’île de Mindanao, aux Philippines. J’y ai été témoin des conséquences désastreuses de la déforestation. En 1980, j’ai étudié avec Thomas Berry au Riverdale Center for Religious Research, à New York. La clarté de ses vues sur la « transe technologique » qui s’empare de la culture mondiale a donné un sens aux catastrophes dont j’avais été témoin aux Philippines. Mon premier livre, To Care for the Earth: A Call to a New Theology, a été publié en 1986. J’ai ensuite participé à la rédaction de la première lettre pastorale des évêques philippins, What Is Happening to Our Beautiful Land ?

Ainsi, la rencontre avec le religieux Passionniste Thomas Berry a été un moment décisif dans sa propre conversion intérieure. Soudain, il réalise, aux Philippines, l’ampleur de la déforestation en cours. « La prise de conscience écologique ne se fera pas si elle ne reposait que sur les prêtres, n’ayant, pour la plupart d’entre eux, aucune expérience ou connaissance sur le sujet. » C’est bien du côté du monde laïc, avec des personnes bien formées, que le sujet pourra être pris en compte sérieusement. Les travaux en cours de McDonagh portent sur l’impact des technologies, de la robotisation et de l’intelligence artificielle :

Les technologies humaines causent des dommages importants au tissu de la vie sur Terre. Dans Laudato si’ (§ 128), le pape François soutient que le travail constitue une part nécessaire du sens de la vie sur Terre, un chemin de croissance, de développement humain et d’épanouissement personnel. Malheureusement, l’histoire récente a clairement montré que les changements
technologiques, l’automatisation, la robotique et l’apprentissage automatique signifiaient la fin du travail permettant l’auto-accomplissement, tel que nous l’avons connu. Le développement de l’intelligence artificielle et du big data entraînera un chômage important dans le secteur tertiaire de l’économie. L’Église catholique et les autres religions doivent commencer à faire campagne, dès à présent et de toute urgence, pour un mécanisme de revenu de base, afin de garantir le bien-être des citoyens sous ce régime de développement «technologique ».

INFOS concernant l’ouvrage :

http://www.wildproject.org
ASHISH KOTHARI, ARIEL SALLEH, ARTURO ESCOBAR, FEDERICO DEMARIA ET ALBERTO ACOSTA (ÉD.) PLURIVERS. UN DICTIONNAIRE DU POST-DEVELOPPEMENT
25 euros, 550 pages – 13 x 20 cm



 

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