Prendre soin du monde vivant

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phillippinesUne lecture un peu plus approfondie de l’exhortation Evangelii gaudium du pape François permet de découvrir notamment un passage étonnant et prometteur pour son futur texte sur l’écologie : enfin, une déclaration claire sur l’essentiel respect de la biodiversité, au nom même de la solidarité des vivants sur cette terre.Toute extinction d’une espèce y est qualifiée par exemple de « mutilation » !

Le texte reprend en fait une proposition antérieure du synode sur la nouvelle évangélisation :

Proposition 56. Responsabilité envers la Création.

La responsabilité envers la Création sert aussi d’évangélisation par beaucoup de manière. Elle est un bon témoignage de notre foi dans la bonté présente dans la Création de Dieu. Elle démontre un sens de la solidarité avec tout ceux qui dépendent pour leur vie et leur entretien des biens de la Création. Elle montre une solidarité inter-générationnel avec ceux qui viendront après nous, et elle un témoignage clair de notre usage responsable et équitable des biens de la terre, notre maison commune.

Le pape François traduit cette recommandation ainsi au numéro 215 de l’exhortation :

215. Il y a d’autres êtres fragiles et sans défense, qui très souvent restent à la merci des intérêts économiques ou sont utilisés sans discernement. Je me réfère à l’ensemble de la création. En tant qu’êtres humains, nous ne sommes pas les simples bénéficiaires, mais les gardiens des autres créatures. Moyennant notre réalité corporelle, Dieu nous a unis si étroitement au monde qui nous entoure, que la désertification du sol est comme une maladie pour chacun ; et nous pouvons nous lamenter sur l’extinction d’une espèce comme si elle était une mutilation. Ne faisons pas en sorte qu’à notre passage demeurent des signes de destruction et de mort qui frappent notre vie et celle des générations futures.

En ce sens, je fais mienne la belle et prophétique plainte, exprimée il y a plusieurs années par les évêques des Philippines :

« Une incroyable variété d’insectes vivait dans la forêt et ceux-ci étaient engagés dans toutes sortes de tâches propres […] Les oiseaux volaient dans l’air, leurs brillantes plumes et leur différents chants ajoutaient leurs couleurs et leurs mélodies à la verdure des bois […] Dieu a voulu cette terre pour nous, ses créatures particulières, mais non pour que nous puissions la détruire et la transformer en sol désertique […] Après une seule nuit de pluie, regarde vers les fleuves marron-chocolat, dans les parages, et souviens-toi qu’ils emportent le sang vivant de la terre vers la mer […] Comment les poissons pourront-ils nager dans cet égout comme le rio Pasig, et tant d’autres fleuves que nous avons contaminés ? Qui a transformé le merveilleux monde marin en cimetières sous-marins dépourvus de vie et de couleurs ? ».

216. Nous tous, les chrétiens, petits mais forts dans l’amour de Dieu, comme saint François d’Assise, nous sommes appelés à prendre soin de la fragilité du peuple et du monde dans lequel nous vivons.

 A noter que le pape François cite un extrait de la lettre pastorale des évêques philippins, publiée en 1988 et intitulée « Qu’arrive-t-il à notre magnifique pays ? ».

Une question d’autant plus forte, 25 ans plus tard, après le passage du super-typhon Hayian et ses terribles conséquences humaines et environnementales.

DL

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