ETATS-UNIS – Business not as usual

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jeb bushAvis de tempête aux Etats-Unis. Comme on l’avait pressenti, l’encyclique du pape sud-américain ne laisse pas grand monde indifférent. Et met à jour bien des contradictions, aussi chez les chrétiens engagés en politique.

Du côté des Républicains américains, plutôt conservateurs et accueillant de nombreux chrétiens évangéliques fondamentalistes et de catholiques conservateurs, la pilule (si je puis dire) ne passe pas. Il faut dire que ce parti, largement financé par les multinationales les plus représentatives du « american way of life », indolent et boulimique, dont les fameux frères multimillionnaires Koch ‘(qui soutiennent notamment le Tea Party), se voit interpellé sur son flanc par les propos du pape, dénonçant l’emprise du paradigme contemporain qui se développe avec la puissance de plus en plus inégalitaires des sciences et de l’économie financière libérale.

Jeb Bush, dernier avatar de cette grande dynastie américaine et tout jeune candidat aux prochaines élections américaines [NDLR : pour une démocratie, ces présidents à répétition issus d’une même famille, y a rien qui nous dérange ??], nous a fait le coup classique des « curés dans la sacristie » que d’autres conservateurs français utilisent régulièrement aussi. Le catholique Rick Santorum en veut aussi, avec révérence bien sûr, au pape de faire de la science (!), notamment lorsqu’il parle de l’état du climat. Car, dans la visée conservatrice, les chrétiens les plus utiles sont ceux qui parlent de sexe et de vie de famille, délaissant aux gens sérieux (et riches) les questions de géopolitique, d’économie. Et de réchauffement climatique. Business is business.

Dommage que ces mêmes critiques oublient que l’encyclique du pape refuse justement de séparer l’écologie humaine et l’écologie du monde. C’est une écologie intégrale qu’il propose, interpellant tous les puissants sur leur envie de diviser pour mieux régner. C’est en prenant au sérieux la question de la pauvreté sociale et de la fragilité environnementale que les politiques et les responsables économiques doivent travailler. Et non en répandant à outrance l’idéologie de la main aveugle du marché.

Les mouvements tectoniques actuels sont donc impressionnant dans cette société américaine. Et le texte papal pourrait bien changer la donne des discussions en cours sur l’engagement des pays face à la crise climatique. Des annonces récentes en témoigne, aux Etats Unis aussi. L’île d’Hawaï envisage d’atteindre l’autonomie énergétique et renouvelable d’ici 2045. La Californie, frappée par une dure sécheresse depuis deux ans, a décidé de réduite de 50 % ses émissions de CO2 d’ici 2030. Faut il rappeler que cet Etat est la 7e économie au monde ? Partout des projets d’énergie solaire explose et récemment encore, un rapport scientifique très détaillé montrait comment les Etats-Unis pouvaient prétendre arriver à l’autonomie énergétique et renouvelable en 2045.

Et on voit ainsi, de plus en plus, au sein des milieux conservateurs américains, des voix s’élever, proposant des solutions nouvelles pour répondre aux défis à venir. On y parle taxe carbon et même défis climatiques, comme le fait Jay Faison, un des donateurs traditionnels du parti. Le carcan mental qu’a imposé pendant une décennie les ultraconservateurs du Tea Party semble donc se détendre.

DL

Source : article de Carl Pope

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