ECOLOGIE INTEGRALE – Le combat des éthiques sélectives

Capture d’écran 2020-02-13 à 08.31.34Il fallait s’y attendre. L’exhortation du pape est accueillie, une fois encore, dans cette dialectique si déprimante des perdants et des gagnants. Les conservateurs ont-ils été entendus par le pape, s’interroge le Figaro ? Les progressistes ont-ils été humiliés par François, s’étranglent féministes et autres partisans du mariage des prêtres et de l’ordination des femmes? En attendant, aux Etats-unis la conférence des évêques montre aussi ce genre de failles, tout en oubliant l’Amazonie et ses peuples.

Le président actuel de la conférence américaine des évêques, la cardinal Daniel DiNardo (qui va avoir Mgr José Gomez comme successeur) a cru bon s’exprimer à la fin des trois journées de rencontre à Baltimore en novembre dernier. Il est revenu notamment sur une lettre pastorale des évêques dans laquelle la menace principale qui y est dénoncée est celle de la pratique de l’avortement, « parce que ce drame a lieu dans le sanctuaire de la famille et parce qu’il détruit tant et tant de vies. » Et de rajouter, que, par ailleurs, ils « ne peuvent pas ignorer d’autres menaces sérieuses à la vie et à la dignité humaine telles que le racisme, la crise environnementale, la pauvreté et la peine de mort ». Cette lettre sera distribuée avec le document qu’ils avaient déjà publié en 2015 sur la question de la responsabilité politique des chrétiens, pour accompagner le discernement des catholiques appelés à voter pour les élections présidentielles.

Derrière cette déclaration, on retrouve ces postures entre des idéologies éthiques qui ont du mal à se rencontrer. Pourtant, le pape François avait souligné dans l’encyclique Gaudete et Exsultate que dans ces enjeux éthiques la vie d’un enfant à naître, d’une personne pauvre, handicapée ou âgée, esclave ou rejetée comptent toutes de la même manière. Un passage que le cardinal Cupich, de Chicago a tenté de réintroduire dans le texte des évêques américains, mais sans succès. La question de la prééminence du défi de l’avortement a été tranchée par un vote qui a conclut par 143 à 69 que le paragraphe du pape n’était donc pas nécessaire.

Un jour, les évêques américains entendront que les questions « prolife » sont aussi en jeu quand des millions de vies, notamment des générations futures, sont menacées par le dérèglement climatique en cours. Faut-il s’étonner qu’en novembre dernier la rencontre des évêques américains n’a laissé aucun moment pour rendre compte du travail du synode sur l’Amazonie qui venait de s’achever ?

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. Merci pour cet éclairage très pertinent. J’ai effectivement remarqué chez certains catholiques conservateurs, que les morts n’avaient pas tous la même valeurs, ceux consécutifs à l’avortement étant les plus ignobles, alors que les nombreux morts des conséquences de la faim, de non soins, ou de naufrages en méditerranée, sont passés sous silence, alors que ceux ci ne relève pas de la conscience personnelle et pourraient donc être plus facilement évités.

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